Le 30 juillet 2026, Météo-France plaçait 21 départements en vigilance orange canicule, un épisode qui se prolonge jusqu’au 31 juillet (source Selectra, mise à jour du 30/07/2026). Si vous faites visiter un logement cette semaine, vos acquéreurs ou candidats locataires sentent la chaleur avant même de regarder l’étiquette énergétique. Deux semaines plus tôt, le ministre du Logement annonçait un « DPE confort d’été ». Beaucoup de propriétaires en concluent que le DPE va changer. C’est plus subtil que ça : la nouvelle lettre n’existe pas encore — mais votre DPE contient déjà, depuis 2021, un indicateur chaleur que presque personne ne lit.
Ce que le ministre a annoncé le 15 juillet 2026 — et ce qui n’existe pas encore
Une réponse à l’Assemblée nationale, pas un texte de loi : aucun décret au Journal officiel au 30 juillet
Le 15 juillet 2026, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a répondu au député Daniel Labaronne en annonçant un « DPE confort d’été » : une nouvelle lettre qui informerait locataires et acquéreurs de la performance du logement en été (source Quotidiag). L’annonce, faite en réaction aux trois vagues de chaleur de juin-juillet 2026, s’accompagne d’un second volet : une TVA réduite pour certaines pompes à chaleur (source Batiactu), dont le taux et le périmètre restent à préciser par les textes.
Le point qui change tout : au 30 juillet 2026, aucun texte réglementaire n’a été publié au Journal officiel sur ce DPE confort d’été (source Selectra). Une réponse orale du ministre à l’Assemblée n’a aucun effet juridique. À ce jour, c’est une intention gouvernementale, rien de plus.
Pourquoi il ne faut PAS écrire « le DPE change en 2026 » (calendrier, méthode et opposabilité inconnues)
Tout ce qui donnerait corps à cette réforme reste inconnu : le calendrier d’entrée en vigueur, le format exact de la nouvelle lettre, sa méthode de calcul, son éventuelle opposabilité. Si vous lisez quelque part que « le DPE change en 2026 » avec une date précise, cette date est inventée — aucun texte ne la fixe. Pour un vendeur ou un bailleur, la conséquence pratique est simple : votre DPE actuel reste valable et opposable dans les conditions habituelles, et rien ne vous oblige aujourd’hui à anticiper une réforme dont le contenu n’est pas écrit.
L’indicateur confort d’été existe déjà dans votre DPE depuis juillet 2021
Où le trouver (page 2) et comment lire ses 3 niveaux : insuffisant, moyen, bon
Ce que l’annonce du 15 juillet fait oublier : le DPE évalue déjà le comportement de votre logement en été. Depuis la réforme du 1er juillet 2021, un indicateur « confort d’été » figure en page 2 de chaque DPE, présenté sur trois niveaux — insuffisant, moyen, bon — et distinct de l’étiquette A-G (source Selectra ; page officielle du ministère sur le DPE logement).
Sortez votre DPE et regardez la page 2 : un pictogramme y résume ce niveau. Un logement classé D à l’étiquette énergie peut afficher un confort d’été « bon », et un logement B un confort d’été « insuffisant » — les deux évaluations ne mesurent pas la même chose. L’étiquette A-G parle de consommation et d’émissions ; l’indicateur confort d’été parle de la capacité du bâti à rester vivable en pleine chaleur.
Les 5 critères de l’arrêté du 31 mars 2021 — et pourquoi la climatisation ne compte pas
L’indicateur repose sur cinq critères définis par l’arrêté du 31 mars 2021 (référence officielle) :
- Les protections solaires extérieures des baies orientées sud, est et ouest (volets, brise-soleil, stores extérieurs) ;
- L’isolation de la toiture, pour les maisons et les logements en dernier étage ;
- L’inertie thermique des parois : des murs lourds absorbent la chaleur le jour et la restituent la nuit ;
- Le caractère traversant du logement, qui permet la ventilation nocturne d’une façade à l’autre ;
- La présence de brasseurs d’air fixes (ventilateurs de plafond).
Vous remarquerez l’absent de cette liste : la climatisation. L’indicateur n’évalue que le confort d’été passif — ce que le logement fait tout seul, sans consommer un kilowattheure. Un studio équipé d’une climatisation dernier cri mais sans volets, mono-orienté plein ouest sous une toiture non isolée, sera noté « insuffisant ». C’est un choix méthodologique cohérent : la clim masque le problème, elle ne le corrige pas, et elle a un coût que le futur occupant paiera.
Un indicateur à lire avec prudence : 26 % d’erreurs selon l’étude Pouget Consultants/Ignes
Cet indicateur a toutefois une faiblesse documentée. Une étude de Pouget Consultants pour Ignes, publiée le 4 septembre 2024, conclut que 26 % des indicateurs confort d’été calculés dans les DPE de la base ADEME sont erronés (source Actu-Environnement).
Plus d’un DPE sur quatre porte donc un indicateur chaleur faux. En cause, le plus souvent : des données d’entrée mal renseignées lors de la visite. Un volet roulant non signalé, un logement traversant saisi comme mono-orienté, un brasseur d’air oublié — et le niveau bascule. Concrètement, si votre DPE avant vente ou location affiche « insuffisant » alors que le logement dispose de volets extérieurs sur toutes les baies exposées et traverse d’est en ouest, demandez à votre diagnostiqueur de vérifier les données saisies. À l’inverse, un « bon » complaisant peut se retourner contre vous : l’occupant qui étouffe en août s’en souviendra.
Vendre ou louer pendant la canicule en Essonne, Yonne et Paris : ce que l’indicateur change concrètement
En période de vigilance orange, l’indicateur confort d’été devient un argument de visite. Un acquéreur qui transpire dans le séjour à 17 h posera la question ; autant avoir la réponse, chiffrée et sourcée, dans le dossier de diagnostic.
Pavillons d’Essonne, derniers étages parisiens, maisons anciennes de l’Yonne — trois profils de risque chaleur très différents
Les pavillons des années 60-80 de Vigneux-sur-Seine, Draveil ou Yerres cumulent deux facteurs pénalisants : des combles souvent isolés a minima et de grandes baies ouest sans protection solaire extérieure d’origine. Mais beaucoup sont traversants, et les volets roulants ajoutés au fil des ans comptent dans le calcul — encore faut-il qu’ils soient relevés lors du diagnostic.
À Paris, les studios et derniers étages sous toiture concentrent le pire scénario : mono-orientés, toiture zinc faiblement isolée, aucune ventilation traversante possible. C’est typiquement le profil « insuffisant », et en location, un candidat qui visite un 25 m² sous les toits un jour de canicule n’a pas besoin de lire le DPE pour comprendre.
Dans l’Yonne, autour d’Auxerre, les maisons anciennes jouent une carte inverse : leurs murs épais en pierre offrent une inertie thermique que les indicateurs valorisent. Une bâtisse du XIXe peut décrocher un « bon » là où un pavillon récent plafonne à « moyen » — à condition que la toiture soit isolée.
Si votre logement ressort « insuffisant » et que vous envisagez des travaux avant la mise en vente, un audit énergétique pour prioriser les travaux de confort d’été permet de hiérarchiser : protections solaires et isolation de toiture d’abord, le reste ensuite.
FAQ
Une nouvelle lettre « confort d’été » devient-elle obligatoire dans le DPE en 2026 ?
Non. Le 15 juillet 2026, le ministre du Logement a annoncé son intention de créer une nouvelle lettre « confort d’été », mais au 30 juillet 2026, aucun décret ni arrêté n’a été publié au Journal officiel (source). Ni le calendrier, ni la méthode de calcul ne sont connus. Seul l’indicateur confort d’été existant depuis juillet 2021, à valeur informative, figure dans votre DPE.
Où trouver l’indicateur confort d’été sur mon DPE et que signifient ses 3 niveaux ?
Il figure en page 2 de tout DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021, sous forme d’un pictogramme à trois niveaux : insuffisant, moyen ou bon. Il est distinct de l’étiquette A-G et évalue uniquement le confort d’été passif du logement (protections solaires, isolation de toiture, inertie, logement traversant, brasseurs d’air), sans tenir compte de la climatisation (référence officielle du ministère).
Devrai-je refaire mon DPE quand la réforme annoncée entrera en vigueur ?
Rien ne permet de le dire aujourd’hui : aucun texte n’est publié, et les modalités de transition sont inconnues. Ce qui est certain, c’est que les DPE actuels restent valables dans les conditions en vigueur. Si vous vendez ou louez prochainement, faites réaliser votre DPE normalement ; pour toute question sur une transaction en cours, vérifiez auprès de votre notaire.
Vous vendez ou louez cet été, en Essonne, dans l’Yonne ou à Paris ? Ne laissez pas un indicateur mal renseigné plomber votre annonce — plus d’un DPE sur quatre porte un indicateur confort d’été erroné. Demandez votre devis DPE et faites vérifier votre indicateur confort d’été par un diagnostiqueur certifié.
