État des DPE en Essonne (91) : panorama complet du parc immobilier
Le département de l’Essonne compte 593 093 logements, dont 542 250 résidences principales (Source : INSEE RP2022). Répartis entre habitat collectif et maisons individuelles, ces logements présentent des performances énergétiques très variables. Avec l’entrée en vigueur progressive des interdictions de location pour les logements les plus énergivores, la question du DPE n’a jamais été aussi centrale pour les propriétaires, les bailleurs et les acquéreurs du département.
Confia Diag, diagnostiqueur immobilier certifié en Essonne, vous propose une analyse factuelle fondée sur les données officielles de l’INSEE et de l’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE/SDES), complétée par nos observations de terrain issues de plus de 3 200 diagnostics réalisés dans le département entre 2023 et 2026.
Passoires thermiques en Essonne : les chiffres officiels 2025
Selon les données publiées par l’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) et le Service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique, la situation en Essonne est la suivante :
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Nombre total de logements en Essonne | 593 093 | INSEE RP2022 |
| Résidences principales | 542 250 | INSEE RP2022 |
| Logements classés F ou G (passoires thermiques) | 80 100 | ONRE/SDES, janvier 2025 |
| Part des passoires thermiques (F+G) en Essonne | 14,0 % | ONRE/SDES, janvier 2025 |
| Moyenne nationale (F+G) | 12,7 % | ONRE/SDES, janvier 2025 |
| Moyenne Île-de-France (F+G) | 17,4 % | ONRE/SDES, janvier 2025 |
| Total passoires thermiques en France | 3 914 700 | ONRE/SDES, janvier 2025 |
Avec 14,0 % de passoires thermiques, l’Essonne se situe au-dessus de la moyenne nationale (12,7 %) mais sensiblement en dessous de la moyenne francilienne (17,4 %) (Source : ONRE/SDES, janvier 2025). Le département contribue à hauteur de 80 100 logements sur les 3 914 700 passoires thermiques recensées en France, soit environ 2 % du total national.
Ce volume de 80 100 logements classés F ou G constitue un défi majeur pour le département à l’approche des échéances réglementaires d’interdiction de location.
Remarque sur la distribution détaillée A à G
Les données officielles publiées par l’ONRE/SDES à l’échelle départementale fournissent le nombre agrégé de logements classés F et G, mais ne détaillent pas la répartition classe par classe (A, B, C, D, E, F, G) au niveau de chaque département. En conséquence, nous ne présentons pas de tableau de distribution complète A-G pour éviter de mélanger des chiffres officiels avec des estimations. Les observations terrain que nous partageons plus bas sont clairement identifiées comme telles.
Comparaison régionale : l’Essonne dans le paysage francilien
L’Île-de-France affiche une moyenne de 17,4 % de passoires thermiques, soit l’un des taux régionaux les plus élevés de France métropolitaine (Source : ONRE/SDES, janvier 2025). Avec ses 14,0 %, l’Essonne se positionne mieux que la moyenne régionale, grâce notamment à un parc plus récent et aux programmes neufs du plateau de Saclay. Toutefois, le département reste au-dessus de la moyenne nationale (12,7 %), et les 80 100 logements concernés représentent un enjeu concret pour des dizaines de milliers de ménages essonniens.
Passoires thermiques par commune : observations terrain Confia Diag
La performance énergétique des logements en Essonne varie fortement d’une commune à l’autre. Ces écarts reflètent l’âge du bâti, les matériaux de construction employés, les politiques locales de rénovation et la proportion d’habitat social rénové.
Important : le tableau ci-dessous présente des observations terrain Confia Diag, 2023-2026, fondées sur nos propres diagnostics et les données de la base DPE de l’ADEME. Il ne s’agit pas de statistiques officielles de l’État. Ces chiffres sont indicatifs et reflètent les tendances constatées sur notre échantillon de 3 247 DPE réalisés dans le département.
| Commune | % F+G estimé | Typologie dominante |
|---|---|---|
| Grigny | ~22 % | Grands ensembles années 60-70, copropriétés dégradées |
| Corbeil-Essonnes | ~19 % | Centre ancien, immeubles collectifs non rénovés |
| Évry-Courcouronnes | ~17 % | Ville nouvelle mixte, bâti hétérogène |
| Sainte-Geneviève-des-Bois | ~16 % | Pavillonnaire ancien et petits collectifs |
| Athis-Mons | ~16 % | Habitat mixte, proximité aéroport, bâti ancien |
| Viry-Châtillon | ~15 % | Collectifs et pavillons d’après-guerre |
| Draveil | ~14 % | Pavillonnaire années 50-70 |
| Vigneux-sur-Seine | ~14 % | Pavillonnaire dominant, bâti hétérogène |
| Les Ulis | ~8 % | Ville nouvelle, rénovations ANRU récentes |
| Massy | ~7 % | Programmes neufs récents, quartier Atlantis |
| Palaiseau | ~6 % | Plateau de Saclay, logements récents et campus |
Source : observations Confia Diag sur 3 247 DPE réalisés en Essonne (2023-2026), croisées avec la base DPE de l’ADEME. Les pourcentages sont arrondis et indicatifs. Les données officielles de l’ONRE ne publient pas de ventilation par commune.
Ce qui explique ces disparités
Nos analyses terrain font apparaître trois facteurs déterminants :
- L’âge du bâti : les communes dont le parc date majoritairement des années 1950 à 1975 — avant la première réglementation thermique de 1974 — concentrent les étiquettes F et G. C’est le cas de Grigny (Grande Borne, construite entre 1967 et 1971) et de Corbeil-Essonnes (centre historique et barres des Tarterêts).
- Les programmes de rénovation urbaine : les communes ayant bénéficié de programmes ANRU ou de réhabilitations thermiques globales affichent des résultats sensiblement meilleurs. Les Ulis, par exemple, a vu son taux de passoires thermiques diminuer grâce aux opérations de rénovation du quartier Courdimanche.
- La part de constructions neuves : Palaiseau et Massy, portées par le développement du plateau de Saclay et de la ZAC Atlantis, disposent d’un parc récent construit selon les normes RT2012 et RE2020, ce qui tire mécaniquement leur bilan vers le haut.
L’impact de la réforme DPE 2021
La refonte du diagnostic de performance énergétique le 1er juillet 2021, intégrant les émissions de gaz à effet de serre, a entraîné un reclassement significatif du parc. En Essonne, nos observations terrain montrent que les logements chauffés au fioul ont été les plus impactés (reclassement de E vers F ou G du fait de la pénalisation carbone), que les logements au gaz ont subi un décalage d’environ une demi-classe, tandis que les logements tout électrique ont été légèrement revalorisés (facteur de conversion revu de 2,58 à 2,3).
Calendrier des interdictions de location : quel impact en Essonne ?
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a instauré un calendrier progressif d’interdiction de mise en location des logements les plus énergivores en France métropolitaine (Source : Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021).
Les trois échéances à retenir
- 1er janvier 2025 : interdiction de signer un nouveau bail pour les logements classés G. Cette mesure est déjà en vigueur. (Loi Climat et Résilience du 22 août 2021, art. 160)
- 1er janvier 2028 : interdiction étendue aux logements classés F. (Loi Climat et Résilience du 22 août 2021, art. 160)
- 1er janvier 2034 : interdiction étendue aux logements classés E. (Loi Climat et Résilience du 22 août 2021, art. 160)
Estimation de l’impact en Essonne
Sur la base des 80 100 logements classés F ou G en Essonne (Source : ONRE/SDES, janvier 2025), nous pouvons estimer l’impact des interdictions de location :
- Depuis janvier 2025 (logements G) : au niveau national, les logements classés G représentent environ un tiers des passoires thermiques F+G (Source : ONRE). Appliqué à l’Essonne, cela correspond à environ 22 000 à 27 000 logements G. En considérant un taux de logements locatifs d’environ 45 %, environ 10 000 logements locatifs classés G seraient concernés par l’interdiction en vigueur. (Estimation Confia Diag)
- En 2028 (logements F) : les logements classés F, représentant les deux tiers restants des passoires thermiques, seraient à leur tour interdits à la location. La part locative de ces logements portera le nombre de logements locatifs F+G interdits à un total cumulé estimé entre 30 000 et 36 000 en Essonne. (Estimation Confia Diag)
- En 2034 (logements E) : la bascule concernera également les logements classés E en location, élargissant considérablement le nombre de biens impactés dans le département.
Pour les bailleurs, il est impératif de réaliser un diagnostic avant la mise en location afin de connaître la classe énergétique exacte du bien et d’anticiper les travaux nécessaires.
Coût du DPE en Essonne : tarifs constatés en 2026
Le prix d’un DPE n’est pas réglementé et varie selon le type de bien, sa surface et le diagnostiqueur. En Essonne, les tarifs constatés en 2026 s’établissent comme suit :
- Appartement (studio à T4) : de 120 à 180 euros TTC, avec une moyenne observée à 145 euros pour un T3.
- Maison individuelle : de 160 à 250 euros TTC, selon la surface habitable, le nombre de niveaux et la complexité du système de chauffage. Moyenne observée à 195 euros pour une maison de 90 m2.
Nous recommandons de privilégier un pack de diagnostics obligatoires (DPE + amiante + électricité + gaz + ERP + mesurage) plutôt que des interventions isolées, ce qui permet de réduire le coût unitaire de chaque diagnostic tout en couvrant l’ensemble des obligations réglementaires.
Aides à la rénovation énergétique disponibles en Essonne
Les propriétaires de logements classés F ou G disposent de plusieurs dispositifs pour financer les travaux de rénovation énergétique. Voici les principaux leviers mobilisables en 2026 en Essonne :
MaPrimeRénov’
Aide de l’État gérée par l’ANAH, accessible à tous les propriétaires occupants et bailleurs. Depuis 2024, le dispositif est structuré en deux volets :
- MaPrimeRénov’ Parcours accompagné (rénovation globale) : jusqu’à 63 000 euros pour les ménages très modestes, avec obligation d’un gain de 2 classes DPE minimum.
- MaPrimeRénov’ Parcours par geste : aides par poste de travaux (isolation, chauffage, ventilation), de 300 à 11 000 euros selon les revenus et le geste réalisé.
Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)
Primes versées par les fournisseurs d’énergie, cumulables avec MaPrimeRénov’. Pour une isolation des combles en Essonne, les CEE représentent en moyenne 8 à 12 euros/m2 d’aide supplémentaire.
Autres dispositifs
La Région Île-de-France propose des aides complémentaires pour les copropriétés. L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) permet de financer jusqu’à 50 000 euros de travaux sans intérêts, et la TVA à 5,5 % s’applique aux travaux de rénovation énergétique dans les logements de plus de 2 ans.
Dans tous les cas, la première étape est de disposer d’un DPE valide et à jour, qui servira de base au dossier de financement et permettra de définir les travaux prioritaires.
Tendances observées sur le terrain : ce que nos données révèlent
Au-delà des statistiques officielles, notre activité de terrain en Essonne nous permet d’identifier plusieurs tendances significatives :
- Hausse de 40 % des demandes de DPE volontaires (hors obligation transaction ou location) entre 2024 et 2026, signe que les propriétaires anticipent davantage les échéances réglementaires.
- Décote constatée de 8 à 15 % sur les prix de vente des logements classés F ou G par rapport à des biens équivalents classés D ou E, d’après les données des notaires d’Île-de-France croisées avec nos observations.
- Augmentation des audits énergétiques réglementaires (obligatoires depuis avril 2023 pour la vente de logements F et G) : ces audits, plus détaillés que le DPE, permettent de proposer un scénario de travaux chiffré au futur acquéreur.
- Remplacement accéléré des chaudières fioul : sur nos diagnostics terrain, la part de logements chauffés au fioul en Essonne est passée de 11 % en 2022 à 6 % en 2026, confirmant la transition vers les pompes à chaleur et le chauffage urbain.
Méthodologie
Cet article distingue clairement deux types de données : les données officielles (INSEE RP2022 pour le parc immobilier, ONRE/SDES janvier 2025 pour les passoires thermiques) et les observations terrain Confia Diag (3 247 DPE réalisés en Essonne entre 2023 et 2026). Les estimations du nombre de logements locatifs concernés par les interdictions sont obtenues en appliquant les ratios nationaux de l’ONRE et les taux locatifs de l’INSEE aux données départementales. Chaque chiffre est sourcé dans le texte.
Questions fréquentes sur le DPE en Essonne
Mon logement est classé G : puis-je encore le louer en 2026 ?
Non. Depuis le 1er janvier 2025, il est interdit de signer un nouveau bail pour un logement classé G au DPE (Loi Climat et Résilience du 22 août 2021). Si un bail était en cours avant cette date, il reste valable jusqu’à son terme ou son renouvellement, mais tout nouveau contrat est prohibé. En Essonne, environ 10 000 logements locatifs classés G seraient concernés par cette interdiction (estimation Confia Diag). Pour connaître la classe exacte de votre bien et les travaux permettant de sortir de la catégorie G, nous vous invitons à demander un devis pour un DPE.
Combien de temps faut-il pour passer d’un DPE F à un DPE D ?
Un gain de deux classes nécessite généralement une rénovation globale : isolation des combles et/ou des murs, remplacement du chauffage et amélioration de la ventilation. Budget moyen observé en Essonne : 15 000 à 35 000 euros pour un appartement, 25 000 à 55 000 euros pour une maison. Durée : 3 semaines à 3 mois. Grâce aux aides cumulées (MaPrimeRénov’ + CEE + aides régionales), le reste à charge peut être réduit de 40 à 70 % selon les revenus.
Le DPE est-il le même pour une vente et pour une location en Essonne ?
Oui, le DPE est un document unique identique pour la vente et la location, valable 10 ans. Attention : les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 (ancienne méthode) ne sont plus valides depuis le 1er janvier 2025. Si votre DPE date d’avant cette réforme, il est impératif de le refaire, surtout si vous envisagez une mise en location ou une vente.
Anticiper plutôt que subir : l’enjeu des prochaines années en Essonne
Avec 80 100 passoires thermiques officiellement recensées (Source : ONRE/SDES, janvier 2025) et des échéances réglementaires qui se rapprochent — interdiction des F en 2028, des E en 2034 (Loi Climat et Résilience du 22 août 2021) — l’Essonne fait face à un chantier de rénovation énergétique considérable. Les propriétaires qui anticipent — en réalisant un DPE à jour, en identifiant les travaux prioritaires et en mobilisant les aides disponibles — protègent la valeur de leur patrimoine et évitent les situations de blocage.
Confia Diag accompagne les propriétaires, bailleurs et acquéreurs de l’Essonne dans cette démarche. Nos diagnostiqueurs certifiés interviennent sur l’ensemble du département, de Grigny à Palaiseau, de Corbeil-Essonnes à Massy, pour réaliser des DPE fiables et conformes à la réglementation en vigueur.
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Sources et références
- INSEE, Recensement de la population 2022 (RP2022) — Logements en Essonne (91) : 593 093 logements, 542 250 résidences principales.
insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=DEP-91 - ONRE/SDES, Le parc de logements par classe de performance énergétique au 1er janvier 2025 — 80 100 logements classés F ou G en Essonne (14,0 %), moyenne nationale 12,7 %, moyenne Île-de-France 17,4 %, total France 3 914 700.
statistiques.developpement-durable.gouv.fr/le-parc-de-logements-par-classe-de-performance-energetique-au-1er-janvier-2025 - Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets (dite loi Climat et Résilience) — Calendrier des interdictions de location : G au 1er janvier 2025, F au 1er janvier 2028, E au 1er janvier 2034.
legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924 - Base DPE de l’ADEME — Base de données publique des diagnostics de performance énergétique.
data.ademe.fr/datasets/dpe-v2-logements-existants - Observations terrain Confia Diag — 3 247 DPE réalisés en Essonne entre janvier 2023 et avril 2026. Données internes non publiées, utilisées pour les estimations communales et les tendances qualitatives.
Article publié par Confia Diag, mai 2026. Les données officielles proviennent de l’INSEE (RP2022) et de l’ONRE/SDES (janvier 2025). Les observations terrain et estimations communales sont propres à Confia Diag et ne constituent pas des statistiques officielles. Reproduction autorisée avec mention de la source et des références ci-dessus.